Papè

Papé

Tout le monde s’accorde à souligner l’austérité des crématoriums. L’architecture froide de ces lieux de laïcité par excellence est-elle une fatalité ? Pourquoi nos funérailles auraient-elles l’obligation de sobriété ? Qu’en est-il au Ghana ? Au Mexique ? Comment égayer ces lieux où se croisent les peines et les pleurs ? Le papier peint a pour vocation de décorer nos bâtiments et habitations, pourquoi pas notre dernière demeure? Décorer n’est-ce pas aussi embellir, enjoliver, se faire du bien ?

A l’heure de la sur-maitrise du corps et de la nature, par l’espèce humaine, il est important de réinscrire la mort dans le continuum de la vie. Qui mieux qu’un enfant, pour nous plonger dans la grande boucle du temps ? Avec Papè, l’IPI prend toute sa pertinence en intervenant en école maternelle, auprès de ceux le plus souvent mis à l’écart des funérailles, par des adultes bouleversés, démunis de mots circonstanciés.

Aux côtés de Lou, Nils,  Melvin, Alexandra, Simon, Samuel, Maëlys, Basile, Loan, Romane, Norah, Paul, Elisa, Romane, Iban, Anatole, Timéo, Jade, Gabin, de la classe unique de Le Mas d’Azil, l’IPI s’est lancé dans la création d’animaux, de fleurs et de personnages tristes ou rigolos.

Sous l’empire Romain les animaux avaient la noble tâche d’accompagner le mort dans sa dernière demeure ; dans leur rôle psychopompe ils étaient alors sacrifiés lors du décès de celui qu’ils doivent guider dans l’au-delà. Ensemble, nous avons travaillé autour de l’animal totem : poney, girafe, chiens, chats, ou souris-verte…

Le végétal est extrêmement présent dans les rituels funéraires de par le monde et au cours des époques proches comme lointaines. Les compositions florales ressurgissent ici ou là.

La guerre de 1914 et ses monuments aux morts est omniprésente dans chaque commune. PaPè a souhaité rendre hommage aux poilus, premiers bénéficiaires de l’IPI, lors de la création de l’institut en 1914.

Enfin, Papè prenant source et vie à Marseille, l’IPI ne pouvait faire l’impasse sur Antonin Artaud, inhumé au Cimetière Saint-Pierre, et dont L’Ombilic des limbes reste l’une des références IPI-ques par excellence.

Ce travail s’est fait en collaboration avec le factotum de Nicole Crême et Germain Prévost alias IPIN.